Le cortisol est devenu en quelques années l’une des hormones les plus commentées sur les réseaux sociaux. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, il serait responsable de la fatigue, des troubles du sommeil, de la prise de poids, du fameux « ventre à cortisol » ou encore du « cortisol face ».
La solution proposée est presque toujours la même : il faudrait « faire baisser son cortisol » ou apprendre à le « réguler ».
Mais cette façon de présenter les choses repose sur une vision très simplifiée de notre physiologie.
Le cortisol n’est pas une toxine que l’organisme devrait éliminer. C’est une hormone indispensable, dont la concentration varie naturellement au cours de la journée et qui participe notamment à notre adaptation au stress.
Certaines plantes médicinales ont bien montré des effets sur le cortisol dans des études cliniques. D’autres disposent surtout de données concernant le stress, l’anxiété ou le sommeil.
Mais cela signifie-t-il que nous devons utiliser des plantes pour faire baisser notre cortisol ?
Pas vraiment.
L’essentiel en 30 secondes
- Le cortisol est une hormone indispensable produite par les glandes surrénales.
- Son taux varie naturellement au cours de la journée : il est généralement élevé autour du réveil et beaucoup plus faible le soir.
- Une augmentation temporaire du cortisol lors d’un stress est une réaction physiologique normale.
- En dehors de certaines maladies endocriniennes, chercher à « faire baisser son cortisol » n’est pas un objectif thérapeutique pertinent.
- Parmi les plantes médicinales étudiées, l’ashwagandha possède les données les plus convaincantes concernant une diminution du cortisol chez des personnes stressées.
- Pour beaucoup d’autres plantes, leur intérêt concerne davantage le stress, l’anxiété, la fatigue ou les troubles du sommeil qu’une action directe sur le cortisol.
1. Qu’est-ce que le cortisol et à quoi sert-il ?
Le cortisol est-il simplement « l’hormone du stress » ?
Le cortisol est une hormone glucocorticoïde produite par le cortex des glandes surrénales.
On le surnomme souvent « hormone du stress », mais cette appellation est très réductrice.
Le cortisol intervient notamment dans :
- la disponibilité du glucose et donc l’approvisionnement énergétique de l’organisme ;
- le maintien de la pression artérielle ;
- certaines fonctions immunitaires et inflammatoires ;
- la vigilance ;
- le métabolisme ;
- l’adaptation de l’organisme aux contraintes physiques et psychologiques.
Sa production est contrôlée par ce que l’on appelle l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ou axe HPA.
Schématiquement, lorsqu’une réponse au stress est nécessaire, l’hypothalamus stimule l’hypophyse, qui sécrète de l’ACTH. Cette hormone stimule à son tour les glandes surrénales, qui produisent du cortisol.
Le cortisol exerce ensuite un rétrocontrôle sur le système.
Il s’agit donc d’un véritable système de régulation, et non d’un simple robinet qu’il faudrait fermer dès que le cortisol augmente.
Quel est le rythme du cortisol au cours de la journée ?
C’est probablement le point le plus important pour comprendre pourquoi la notion de « taux de cortisol » peut être trompeuse.
Le cortisol possède un rythme circadien, c’est-à-dire que sa sécrétion varie naturellement au cours d’une période d’environ 24 heures.
Chez une personne vivant selon un rythme veille-sommeil classique, les concentrations sont élevées dans les heures entourant le réveil.
Après le réveil, on observe généralement une augmentation rapide de la sécrétion de cortisol pendant environ 30 à 45 minutes. Ce phénomène est appelé Cortisol Awakening Response, ou CAR.
Le taux de cortisol diminue ensuite progressivement pendant la journée pour atteindre des valeurs beaucoup plus faibles le soir et au début de la nuit.

À retenir
Avoir davantage de cortisol le matin que le soir est normal.
Le cortisol participe notamment à la mobilisation des ressources dont nous avons besoin pour commencer notre journée.
Une revue publiée dans Endocrine Reviews en 2025 souligne d’ailleurs le rôle probablement adaptatif de cette réponse cortisolique au réveil.
Le cortisol augmente-t-il en cas de stress ?
Oui.
Lorsqu’une situation est perçue comme menaçante ou particulièrement exigeante, l’organisme met en place une série de réponses destinées à nous permettre d’y faire face.
L’adrénaline intervient rapidement. Le cortisol participe ensuite notamment à augmenter la disponibilité énergétique pour le cerveau et les muscles.
Cette augmentation du cortisol n’est donc pas une anomalie.
Un cortisol qui augmente lors d’un stress remplit précisément l’une de ses fonctions physiologiques.
Ce système peut en revanche être modifié lors de stress intenses ou prolongés.
Mais là encore, la situation est plus complexe qu’un simple « cortisol élevé ».
Selon le contexte, un stress chronique peut être associé à des modifications de la quantité totale de cortisol produite, de son rythme journalier, de sa réponse au réveil ou encore de la manière dont l’organisme réagit à un nouveau stresseur.
Une méta-analyse publiée en 2024 montre d’ailleurs que les différents paramètres du cortisol au cours de la journée ne permettent pas nécessairement de prédire la réponse cortisolique d’une personne lorsqu’elle est confrontée à un stress expérimental.
Il n’existe donc pas un unique « niveau de cortisol du stress ».
Cortisol et sommeil : quel est le lien ?
Le sommeil et le système du stress sont étroitement associés.
Le soir, le cortisol est normalement bas. À l’approche du réveil, sa sécrétion augmente.
Le respect du rythme veille-sommeil participe donc au fonctionnement normal de l’axe HPA.
Inversement, le stress, les horaires décalés et les perturbations du sommeil peuvent s’accompagner de modifications du rythme cortisolique.
Cela ne signifie cependant pas qu’une insomnie est nécessairement provoquée par un « excès de cortisol ».
L’insomnie est un trouble multifactoriel et sa prise en charge ne peut pas se résumer à chercher à diminuer cette hormone.
Comment savoir si son cortisol est trop élevé ?
C’est une autre question fréquemment recherchée sur internet.
Fatigue, irritabilité, difficultés à dormir, anxiété ou prise de poids sont parfois présentées comme des « symptômes d’un cortisol élevé ».
Le problème est que ces manifestations sont extrêmement peu spécifiques.
Elles peuvent avoir de très nombreuses causes et ne permettent absolument pas de diagnostiquer un excès de cortisol.
Il existe en revanche de véritables pathologies endocriniennes caractérisées par un excès ou un déficit de cortisol.
Le syndrome de Cushing correspond notamment à une exposition pathologique excessive aux glucocorticoïdes.
À l’inverse, une insuffisance surrénalienne peut entraîner un déficit en cortisol.
Ces situations relèvent d’un diagnostic médical avec des examens adaptés. Elles ne doivent pas être confondues avec le stress ordinaire de la vie quotidienne.

2. Faut-il vraiment faire baisser ou « réguler » son cortisol ?
Depuis quelque temps, le cortisol est devenu une cible particulièrement populaire sur les réseaux sociaux.
De multiples contenus expliquent comment identifier son « cortisol élevé », comment faire disparaître son « cortisol belly » ou son « cortisol face », ou proposent des routines censées « rééquilibrer les hormones ».
Le problème est que cette approche transforme une hormone physiologique en ennemi.
Ce que dit l’Inserm sur la « régulation du cortisol »
En mars 2026, l’Inserm a consacré un article de son Canal Détox à cette question : « Faut-il vraiment réguler son cortisol ? »
Son message est sans ambiguïté.
Chez une personne en bonne santé, il n’y a pas de raison de chercher à contrôler ou à diminuer volontairement son cortisol.
Le cortisol est déjà régulé par l’organisme et son élévation transitoire constitue une réponse physiologique utile.
L’Inserm rappelle également qu’une mesure isolée du cortisol est difficile à interpréter dans le cadre du stress psychologique, car sa concentration dépend notamment de l’heure, du sommeil, de l’alimentation et de l’activité physique.
Autrement dit :
le cortisol n’est pas un indicateur que chacun devrait surveiller quotidiennement pour savoir s’il est suffisamment « détendu ».
Le « cortisol face » ou le « ventre à cortisol » existent-ils ?
Ces expressions sont avant tout des termes popularisés sur les réseaux sociaux.
Une prise de poids abdominale ou un visage plus arrondi peuvent avoir de nombreuses causes.
Ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une hypercortisolémie.
Il existe certes des modifications de la répartition des graisses dans le véritable syndrome de Cushing, mais extrapoler ces signes à toute personne stressée ou ayant pris du poids est médicalement injustifié.
Et la « fatigue surrénalienne » ?
Le concept de « fatigue surrénalienne » est également fréquemment associé au cortisol.
Selon cette théorie, le stress chronique finirait par « épuiser » les glandes surrénales, qui ne parviendraient plus à produire suffisamment de cortisol.
Cette entité n’est pas reconnue comme une maladie endocrinienne démontrée.
Une revue systématique consacrée à la question n’a pas retrouvé de preuves permettant de valider l’existence de cette supposée « fatigue surrénalienne ».
Cela ne signifie évidemment pas que la fatigue provoquée ou aggravée par un stress chronique n’existe pas.
La fatigue est réelle. Le stress chronique est réel. Les troubles du sommeil sont réels. Mais cela ne démontre pas que les glandes surrénales sont « épuisées ».
Peut-on faire baisser naturellement son cortisol ?
Cette question est en réalité mal posée.
Chez une personne en bonne santé, le but n’est pas d’obtenir le cortisol le plus bas possible.
L’objectif est plutôt de préserver les mécanismes physiologiques permettant à l’organisme de s’adapter correctement à son environnement.
Un sommeil suffisamment régulier, une activité physique adaptée, des techniques de relaxation ou une meilleure prise en charge des facteurs de stress peuvent améliorer le bien-être et la capacité à faire face au stress.
Mais il est plus juste de présenter ces mesures comme des moyens de mieux gérer le stress et de favoriser un fonctionnement physiologique normal, plutôt que comme des techniques destinées à « faire baisser le cortisol ».
Et cette distinction est également essentielle lorsqu’on parle de phytothérapie.
3. Quelles plantes ont un intérêt sur le cortisol, le stress et le sommeil ?
Certaines plantes médicinales ont fait l’objet d’études dans lesquelles le cortisol était effectivement mesuré.
Les résultats sont intéressants, mais les niveaux de preuve sont très variables.
Une revue systématique consacrée à l’effet des plantes et phytonutriments sur l’axe HPA a analysé 52 études humaines randomisées.
Sa conclusion est instructive : pour la majorité des substances étudiées, les effets sur l’axe HPA restent incertains.
L’ashwagandha est la plante pour laquelle la diminution du cortisol matinal ressortait le plus régulièrement.
Il faut donc éviter de mettre toutes les plantes dites « adaptogènes » sur le même plan.

Quelles plantes semblent avoir le plus d’effet sur le cortisol ?
+++ Niveau de preuve le plus intéressant
Ashwagandha
Plusieurs essais cliniques et méta-analyses montrent une diminution du cortisol chez des personnes stressées.
++ Données intéressantes mais moins constantes
Rhodiola — Lavande vraie — Ginseng
Des effets ont été observés dans certains contextes, mais ils ne sont pas retrouvés systématiquement.
+ Données encore préliminaires
Karkadé — Orange douce — Sauge sclarée — Mélisse
Quelques études positives existent, mais elles sont insuffisantes pour conclure à un effet établi.
Pas de preuve convaincante d’une baisse du cortisol
Camomille — Valériane — Pin sylvestre
Cela ne signifie pas que ces plantes sont dépourvues d’intérêt sur le stress ou le sommeil mais nous n'avons pas de preuves d'une action sur le cortisol.
Ashwagandha : la plante la mieux documentée sur le cortisol
Parmi toutes les plantes étudiées ici, l’ashwagandha (Withania somnifera) possède actuellement les données les plus cohérentes concernant le cortisol.
Une revue systématique publiée en 2023 a analysé neuf études humaines réalisées chez des personnes présentant différents niveaux de stress. La majorité rapportaient une diminution de la sécrétion de cortisol après supplémentation en ashwagandha.
Une méta-analyse publiée en 2024 regroupant neuf essais randomisés et 558 participants a également retrouvé une diminution significative du cortisol sérique par rapport au placebo, accompagnée d’une amélioration des scores de stress et d’anxiété.
Une nouvelle méta-analyse publiée en 2026, portant plus largement sur les effets hormonaux de l’ashwagandha, confirme également un effet statistiquement significatif sur le cortisol.
L’ashwagandha possède par ailleurs des données intéressantes concernant le sommeil. Une méta-analyse de cinq essais randomisés regroupant 400 participants a retrouvé une amélioration modeste mais significative du sommeil, avec des résultats plus marqués chez les personnes souffrant d’insomnie.
Cela ne signifie pas pour autant que l’ashwagandha doit être utilisée pour « traiter un cortisol élevé ».
Les extraits utilisés, leurs concentrations en withanolides et les doses varient fortement selon les études.
Son intérêt est davantage à considérer dans l’accompagnement du stress, avec pour particularité d’avoir également montré une action sur certains paramètres de l’axe HPA.
- Plante vedette de la médecine ayurvédique, c'est une plante adaptogène anti-stress, stimulante physique et intelectuelle.
- Elle aide à le relaxation et l'endormissement, facilite la fertilité et permet de stimuler la mémoire.
- Intérêt dans les maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer...)
Rhodiola : particulièrement intéressante lorsque stress et fatigue sont associés
La Rhodiola (Rhodiola rosea) est traditionnellement utilisée comme plante adaptogène.
Dans un essai randomisé réalisé chez 60 personnes présentant une fatigue liée au stress, quatre semaines de rhodiola ont entraîné une diminution de la réponse du cortisol au réveil par rapport au placebo.
L’étude retrouvait également des améliorations de certains paramètres liés à la fatigue et à l’attention.
Cependant, d’autres études n’ont pas retrouvé d’effet significatif sur le cortisol.
On ne peut donc pas affirmer que la rhodiola « fait baisser le cortisol » de manière générale.
Son intérêt paraît plutôt se situer dans certaines situations associant stress, fatigue et diminution des performances physiques ou cognitives.
- La Rhodiola est une fantastique plante adaptogène qui lutte contre la fatigue, le manque d'énergie et d'entrain
- 1 à 3 cuillères à café par jour dans un verre d'eau.
Lavande vraie : davantage une plante de l’anxiété et de la relaxation
L’huile essentielle de Lavande vraie (Lavandula angustifolia) dispose de nombreuses études concernant l’anxiété et la relaxation.
Une méta-analyse regroupant 22 essais randomisés sur l’aromathérapie à la lavande retrouvait notamment une diminution du cortisol salivaire.
Des études ponctuelles ont également observé une diminution du cortisol après inhalation de lavande, par exemple chez des patients soumis au stress d’une intervention chirurgicale.
Mais les résultats ne sont pas constants.
En 2024, un essai randomisé portant sur une administration orale de 80 mg d’huile essentielle de lavande pendant 60 jours n’a retrouvé aucune différence significative du cortisol sérique par rapport au placebo.
La lavande doit donc surtout être envisagée pour ses effets potentiels sur l’anxiété, la relaxation et le sommeil, et non comme une huile essentielle « anti-cortisol ».
✔️ L'huile essentielle de Lavande vraie est exceptionnelle dans l'insomnie, le stress et les angoisses
✔️ Localement, elle est efficace sur les dermatoses notamment l'acné, le psoriasis, l'eczéma, les brulures...
✔️ En friction, elle est efficace sur les courbatures, les crampes, les douleurs de règles
Ginseng : plutôt une modulation de la réponse au stress
Le Ginseng (Panax ginseng) a également fait l’objet d’études sur l’axe HPA.
Dans une étude réalisée chez des adultes soumis à un exercice physique intense, un extrait de ginseng coréen a réduit de manière dose-dépendante la réponse du cortisol au stress physique.
D’autres études n’ont cependant pas retrouvé de diminution du cortisol au repos.
Le ginseng semble donc davantage susceptible de modifier la réponse de l’organisme à certaines contraintes que de diminuer systématiquement le cortisol.
C’est une différence importante.
Une plante adaptogène n’a pas nécessairement pour fonction de maintenir le cortisol à un niveau bas.
- L'extrait liquide de Ginseng, issu de la racine précieuse du Panax Ginseng, offre une tonicité naturelle.
- Un élixir énergisant reconnu pour ses propriétés adaptogènes, favorisant vitalité et endurance.
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Karkadé : quelques résultats intéressants, mais encore trop peu d’études
Le Karkadé ou roselle (Hibiscus sabdariffa) possède quelques données concernant le cortisol.
Une étude réalisée chez des volontaires sains a montré une diminution du cortisol après ingestion d’un extrait aqueux riche en polyphénols.
Une autre petite étude menée chez des femmes âgées présentant un syndrome métabolique a également retrouvé une diminution du cortisol après trois semaines de consommation de karkadé.
Ces résultats constituent un signal intéressant.
Cependant, les effectifs sont faibles et les études trop peu nombreuses pour conclure que le karkadé possède une action établie sur le cortisol.
Il serait donc prématuré de le présenter comme une plante de référence dans ce domaine.
- Le Karkadé hibiscus est traditionnellement utilisé en cas de tension artérielle
- On l'utilise également pour activer l'élimination rénale, pour la santé vasculaire et intestinale (constipation)
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Orange douce : un effet observé sur le stress aigu
L’huile essentielle d’Orange douce (Citrus sinensis) est surtout étudiée pour ses propriétés relaxantes en olfaction.
Dans une petite étude menée chez 30 enfants confrontés au stress d’un soin dentaire, l’utilisation de l’arôme d’orange douce a été associée à une diminution du cortisol salivaire et de la fréquence cardiaque.
Le résultat est intéressant mais très spécifique : il concerne une situation de stress aigu, chez l’enfant.
Il ne permet pas de conclure que l’orange douce modifie durablement le fonctionnement de l’axe HPA.
Elle trouve plutôt sa place parmi les huiles essentielles utilisées pour favoriser la détente dans certaines situations anxiogènes.
✔️ L'huile essentielle d'Orange douce est utilisée en cas d'anxiété et de stress
✔️ Elle est très intéressante chez l'enfant qui a du mal à s'endormir
✔️ On peut aussi l'utiliser en diffusion pour éloigner les moustiques
Sauge sclarée : une piste intéressante mais très peu documentée
L’huile essentielle de Sauge sclarée (Salvia sclarea) est parfois citée parmi les huiles essentielles susceptibles d’agir sur le cortisol.
Une petite étude réalisée chez 22 femmes ménopausées a effectivement retrouvé une diminution du cortisol après inhalation de sauge sclarée.
Mais les données sont beaucoup trop limitées pour considérer cet effet comme démontré.
Un autre essai randomisé comparant sauge sclarée, lavande et contrôle n’a pas apporté de preuve convaincante d’un effet spécifique sur le cortisol.
Il s’agit donc pour l’instant d’une hypothèse intéressante plutôt que d’un effet clinique solidement établi.
✔️ L'huile essentielle de Sauge sclarée est efficace dans les dysménorrhées (douleurs de règles, flux abondant, cycle irrégulier...), les aménorrhées et en préménopause
✔️ Très bonne huile circulatoire utilisable dans les jambes lourdes, varices, hémorroïdes..
Mélisse : des données récentes sur le cortisol, mais surtout un intérêt sur l’anxiété
La Mélisse (Melissa officinalis) possède une littérature clinique intéressante concernant l’anxiété.
Une méta-analyse publiée en 2021 concluait à une amélioration des scores d’anxiété et de dépression, tout en soulignant l’importante hétérogénéité des études.
En 2026, une petite étude portant sur 12 personnes présentant une mauvaise qualité du sommeil et une détresse émotionnelle a également observé une diminution progressive du cortisol salivaire après trois semaines de supplémentation avec un extrait particulier de mélisse.
Cette étude est intéressante, mais elle reste très préliminaire en raison de son faible effectif et de sa conception.
À l’heure actuelle, il est donc plus pertinent de présenter la mélisse pour son intérêt possible sur la nervosité, l’anxiété et certains troubles du sommeil que comme une plante destinée à diminuer le cortisol.
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Camomille : un excellent exemple de la complexité du cortisol
La Camomille (Matricaria chamomilla / recutita) apporte un élément particulièrement intéressant à notre réflexion.
Dans une étude réalisée chez des personnes présentant un trouble anxieux généralisé, l’amélioration des symptômes sous camomille n’était pas associée à une simple diminution du cortisol.
Au contraire, les personnes qui répondaient le mieux au traitement présentaient une augmentation du cortisol le matin ainsi qu’une pente plus marquée pendant la journée.
Autrement dit, leur profil se rapprochait davantage d’un rythme circadien bien différencié, avec un cortisol plus élevé le matin puis décroissant ensuite.
C’est une très bonne illustration du problème posé par l’expression « faire baisser son cortisol ».
Une augmentation du cortisol à un moment approprié de la journée peut parfaitement accompagner une amélioration clinique.
La camomille possède par ailleurs des données concernant le sommeil. Une méta-analyse publiée en 2024, regroupant dix études et 772 participants, retrouvait notamment une amélioration de la qualité subjective du sommeil.
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Valériane : utile à étudier pour le sommeil, pas pour diminuer le cortisol
La Valériane (Valeriana officinalis) est historiquement l’une des plantes les plus utilisées pour favoriser le sommeil.
Mais il existe peu de données convaincantes montrant qu’elle diminue directement le cortisol chez l’humain.
Et même concernant le sommeil, la littérature est moins catégorique que sa réputation pourrait le laisser penser.
Une revue générale des revues systématiques publiée en 2024 conclut que les données disponibles ne permettent pas de démontrer clairement son efficacité dans le traitement de l’insomnie, même si une amélioration subjective de la qualité du sommeil est retrouvée dans certaines études.
La valériane est donc un bon exemple d’une plante dont l’intérêt éventuel doit être évalué sur le symptôme que l’on souhaite accompagner, et non sur sa capacité supposée à modifier un biomarqueur.
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Et le pin sylvestre ?
Concernant l’huile essentielle de Pin sylvestre (Pinus sylvestris), les données humaines permettant de démontrer un effet spécifique sur le cortisol sont actuellement insuffisantes.
Il existe des recherches concernant l’exposition aux environnements forestiers, différents conifères et leurs composés volatils.
Mais ces travaux ne permettent pas d’attribuer directement un effet sur le cortisol à l’huile essentielle de Pinus sylvestris.
Il serait donc excessif de la présenter actuellement comme une huile essentielle destinée à « réguler le cortisol ».
✔️ L'huile essentielle de Pin sylvestre est essentiellement utilisée dans les infections ORL et pulmonaires
✔️ Cette huile essentielle peut également être utilisée en massage sur les douleurs musculaires et articulaires ou encore la sciatique
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Alors, quelle est la meilleure plante pour faire baisser le cortisol ?
Si l’on pose strictement la question de l’effet observé sur le cortisol dans les essais cliniques, l’Ashwagandha possède aujourd’hui les données les plus solides parmi les plantes présentées dans cet article.
Mais cette réponse ne doit pas devenir une nouvelle injonction :
« Mon cortisol est trop élevé, je dois donc prendre de l’ashwagandha. »
Ce raisonnement serait précisément celui qu’il faut éviter.
Le choix d’une plante dépend d’abord du contexte.
Une personne confrontée à un stress accompagné de fatigue n’a pas nécessairement les mêmes besoins qu’une personne dont la plainte principale est l’endormissement, les réveils nocturnes ou une anxiété ponctuelle.
Ashwagandha, Rhodiola, Ginseng, Mélisse, Camomille, Valériane ou huiles essentielles ne sont donc pas interchangeables sous prétexte qu’elles seraient toutes « anti-stress ».
Conclusion : le cortisol n’est pas l’ennemi
Vouloir « faire baisser son cortisol » chez une personne en bonne santé n’a pas réellement de sens physiologique.
Le cortisol doit augmenter à certains moments et diminuer à d’autres.
Son rythme, sa réactivité et son interaction avec de nombreux autres systèmes physiologiques sont bien plus importants qu’une valeur considérée isolément.
En présence d’une véritable pathologie du cortisol, comme un syndrome de Cushing ou une insuffisance surrénalienne, le diagnostic et le traitement relèvent de la médecine et de l’endocrinologie.
Dans les autres situations, il est généralement plus pertinent de s’intéresser à ce que la personne ressent réellement : stress chronique, anxiété, fatigue, difficultés d’endormissement, sommeil perturbé…
C’est dans ce cadre que certaines plantes médicinales peuvent avoir leur intérêt.
L’ashwagandha possède notamment des données assez cohérentes concernant le stress et certains paramètres du cortisol. La rhodiola ou le ginseng peuvent être intéressants dans certains contextes d’adaptation au stress et de fatigue. La lavande, la mélisse, la camomille ou la valériane trouvent davantage leur place dans l’accompagnement de l’anxiété, de la détente ou du sommeil.
Pour certaines de ces plantes, des études suggèrent également une modulation de certains paramètres de l’axe HPA lorsqu’ils sont perturbés.
Mais l’objectif n’est pas de combattre le cortisol.
Le cortisol est avant tout l’un des outils utilisés par notre organisme pour s’adapter.
Questions fréquentes sur le cortisol
Parmi les plantes disposant d’études cliniques, l’ashwagandha est actuellement celle pour laquelle les résultats concernant une diminution du cortisol sont les plus cohérents. Plusieurs essais randomisés et méta-analyses ont retrouvé cet effet chez des personnes stressées.
Cela ne signifie cependant pas qu’il faille prendre de l’ashwagandha simplement pour obtenir un cortisol plus bas.
Plusieurs études cliniques et méta-analyses montrent une diminution significative du cortisol sous certains extraits d’ashwagandha par rapport au placebo.
Les résultats ne peuvent cependant pas être transposés automatiquement à tous les produits à base d’ashwagandha, car leur composition et leur concentration en substances actives peuvent différer.
Oui.
Le cortisol suit normalement un rythme circadien. Il est élevé dans les heures entourant le réveil et augmente généralement pendant les 30 à 45 minutes qui suivent celui-ci avant de diminuer progressivement au cours de la journée.
Un taux plus élevé le matin que le soir est donc physiologique.
Des symptômes généraux comme la fatigue, l’anxiété, la prise de poids ou les troubles du sommeil ne permettent pas de diagnostiquer un excès de cortisol.
Lorsqu’une pathologie endocrinienne est suspectée, le médecin choisit les examens adaptés en fonction du contexte clinique. L’interprétation ne repose pas sur un simple dosage réalisé au hasard dans la journée.
Un stress aigu peut entraîner une augmentation du cortisol. Cette réponse est normale et participe à l’adaptation de l’organisme.
En cas de stress chronique, les modifications de l’axe HPA sont plus complexes et ne correspondent pas nécessairement à un cortisol constamment trop élevé.
Le cortisol est normalement faible le soir et pendant le début de la nuit. Une perturbation des rythmes du stress et du sommeil peut s’accompagner d’anomalies du profil cortisolique.
Mais l’insomnie possède de nombreuses causes et ne peut pas être expliquée systématiquement par un « cortisol trop élevé ».
Chez une personne sans pathologie endocrinienne, faire baisser le cortisol ne constitue pas en soi un objectif de santé.
Un sommeil adapté, une activité physique régulière, la relaxation et une meilleure prise en charge des facteurs de stress sont utiles pour le bien-être et la santé globale. Leur intérêt ne se résume cependant pas à leur éventuel effet sur un chiffre de cortisol.
Sources et études principales:
Physiologie et axe HPA
1. Inserm. Faut-il vraiment « réguler son cortisol » ? Canal Détox, 23 mars 2026, mise à jour septembre 2026.
2. Stalder T et al. The Cortisol Awakening Response: Regulation and Functional Significance. Endocr Rev. 2025. PMID : 39177247. DOI : 10.1210/endrev/bnae024.
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Christophe Leblond
Auteur Christophe Leblond phytothérapeute
Après l'obtention de mon diplôme de diététique (IUT d'Evreux, DUT génie biologique option diététique), je me suis très vite orienté par passion vers la phytothérapie. Je me suis formé au métier de phytothérapeute par une formation avec l'Imderplam, une école de formation basée près de Montpellier. En 2008, je fonde phyto-soins.com. Je continue de me former durant toute ces années notamment avec la vision plus globale de la naturopathie (cours à distance).
Avec aujourd'hui plus de 15 ans d'expérience, ce blog me permet de partager ma passion et de bien vous renseigner
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